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Dossier "Goya Azorin Velázquez" session 2004

PRESENTATION DES DOCUMENTS

Dossier = 1texte de Azorín + deux tableaux, l’un du XVIIe, l’autre début XIXe. Trois auteurs espagnols, de trois époques différentes.

 Ø      Azorin, 1873-1967, XXe Siècle, (vrai nom = José Martínez Ruiz), figure génération 98, collaboration journaux avant guerre civile, a vécu à Paris pendant GC, membre de la Real Academia Española. Thèmes de prédilection : faire connaître, populariser les grandes œuvres littéraires espagnoles, décrire les paysages espagnols (paysages = réalité humaine, historique, les métiers, etc…), colère inspirée par le spectacle que donne l’Espagne de fin de siècle (XIXe) après tant de siècles de grandeur. A écrit sous beaucoup de pseudonymes. Livre « Pueblo » publié en 1949.

Ø      Francisco de Goya (1746-1827), peintre officiel de la cours de Carlos IV, grand admirateur de Diego Velázquez, vie très longue et création impressionnante (volume + thèmes + technique nouvelle). Caprichos, Desastres (gravures), peinture de scènes villageoises, fantastiques ou des émeutes réprimées à Madrid en 1808 (2 y 32 de mayo), etc … Séduit puis déçu par les idéaux de la Révolution Française tout en n’acceptant pas l’absolutisme espagnol, un homme aussi complexe que son œuvre.

Ø      Diego Velázquez (1599-1660) : peintre officiel de la cours de Felipe IV, introducteur de nouveaux thèmes et de nouvelles techniques de peinture (le tableau dans le tableau, représenter des personnages de la rue, du peuple sans autre objectif que la représentation réaliste mise en scène.

- La fragua de Goya

date indiquée (1812-1816?) = Guerre contre les français? Représentation du dur travail des forgerons, trois silhouettes / personnages entourent une forge : l’un maintient un morceau de métal porté au rouge pendant qu’un second le frappe pour lui donner une forme, le troisième semble actionner un soufflet pour que le métal ne refroidisse pas. Trois personnages en tension et en pleine action, qui met bien en valeur l’effort très important des trois hommes. Le coup de pinceau de Goya est rapide, nerveux, sans s’arrêter sur des détails. Couleurs dominantes brun / noir + blanc de la chemise du forgeron de dos, obscurité qui règne è mise en valeur du rouge au centre inférieur de la composition. Ambiance de travail, de concentration, d’effort (les traits des personnages sont tendus, graves). Peut être une allégorie de la résistance / Napoléon ? Forger des armes pour expulser l’envahisseur ?

- La Fragua de Vulcano de Velázquez

·         Titre : référence mythologique, Vulcain, Dieu du feu et de la forge. Tableau en pleine tradition « mythologique », représentation d’épisodes.

·         Traitement du thème : Le dieu Apollon vient apprendre à Vulcain, époux de Venus, les infidélités de celle-ci avec le dieu Mars à qui sont destinées les pièces d'armure forgées par ce même Vulcain ! Représentation des « cyclopes » : corps masculins musclés, esthétiques, très réalistes. Vulcain repérable par ses hanches déformées (il est laid et boiteux selon la légende) en opposition totale avec Apollon, jeune éphèbe lumineux, sensuel, drapé d’une toge orangée qui rappelle le feu de la forge. Les Dieux sont ici représenté de façon très « humaines » tant par leur aspect général que par leur réaction : le ton docte et solennel que semble prendre Apollon pour annoncer les infidélités de Venus, la colère qui se lit sur les traits de Vulcain, la surprise pour ne pas dire l’ébahissement qui se lit sur le visage de l’un des forgerons (bouche ouverte). Ironie de la scène, les armes forgées par le groupe sont destinées à Mars lui-même, pour qu’il soit à la fois plus fort au combat et plus beau, sans doute pour pouvoir mieux séduire d’autres femmes mariées. Apollon devient un vulgaire mouchard, Vulcain un mari trompé qui travaille pour son rival, Mars et Vénus les éternels amants maudits : Velázquez allie la représentation très travaillée et esthétique, plastiquement parfaite, d’une forge à la mise en scène d’un drame mesquin et bassement humain : l’infidélité.

- Herrería

·         Titre : livre « Pueblo », chapitre « Herrería » : sans doute un livre sur le thème de la vie quotidienne des espagnols, paysages, métiers existants ou disparus, descriptions organisées par chapitre.

·         Style : véritable poème en prose, phrases le plus souvent nominales comme autant de « clichés instantanés » sur différentes parties de cette forge.

Ø      Harmonie imitative, reproduction de la musique des outils et du travail : « El tintineo de los martillos en el yunque; el tintineo argentino y los colores del mar, los bosques y las montañas. Cantar del martillo en la aurora. Cantar del martillo entremezclado con el cantar de los gallos”. (sons [t] et [k], alternance phonèmes dentaux et vélaires sourds).

Ø      Phrases infinitives comme pour traduire l’éternité de ce travail (« Sangrar la fragua; hacer que las escorias líquidas salgan en un chorro áureo, resplandeciente. Poco a poco ir formándose los objetos de hierro”) + “,è constructions anaphoriques pour suggérer cet aspect éternel : Á todas horas, todos los días - .... no para de ...... no cesa de ........ no dejan de .........

Ø       Lexique de l’effort et du travail

·         Un texte très dense, très « tendu », rythmé par ces phrases courtes et saccadées comme les coups de marteaux sur l’enclume. Un texte à la gloire de la forge et des forgerons, vus comme des éternels travailleurs au service du quotidien : « llaves, rejas de arado, cerraduras, rejas para las ventanas »

AXE Thématique.

Variation autours du thème du travail manuel et de la création

 Ce thème prend la forme

·         De la forge décrite par Azorín à travers les outils (et non des forgerons)

·         Des forgerons de Goya, tendus dans leur effort

·         Des dieux (humanisés par Velázquez) qui forgent les armes de leur malheur.

Destinés une classe de première, ces documents permettront de rencontrer trois auteurs très différents qui, chacun avec le style qui lui est propre, traitent le même sujet : la forge comme lieu de création humaine.

 OBJECTIFS LINGUISTIQUES.

 1.      Objectifs lexicaux (lexique des documents et apporté par l’enseignant au cours des séances en rapport direct avec le ou les axes retenus !! )

substantifs martillo – yunque – fuelle / soplete – fragua – fuego – herrero -

Adjectifs qui traduisent l’effort physique :  penosos, duro, cansado, o – qui traduisent des aspects des scènes décrites ou représentées : impresionante – estético – tenso – candente – estar boquiabierto, estar atónito -

verbes : golpeartrabajar – sudar -  fundir – enfriar – calentar- forjar (et sa difficile prononciation!) + MEDIR, verbe à fermeture, pour les dimensions du tableau.

 2.      Objectifs syntaxiques (de quoi les élèves auront-ils besoin pour parler sur ces documents ?):

Point 1  : les emplois du gérondif pour décrire les différents moments de l’action

Ex. : van golpeando .. están forjando ...Llevan siglos haciendo lo mismo  

Point 2  : les prépositions et locutions prépositives, pour décrire les différents éléments des tableaux + le verbe ESTAR

Ex. : detrás de ... delante de ... a la izquierda / derecha ............está ..; se sitúa .....

Point 3  : les adverbes de manière : leur formation et leur emploi

Ex. : repentinamente (apparition de Apollon) ... brutalmente … ironicamente ….MAIS de manera ritmada

 DEMARCHE POSSIBLE.

 Ordre proposé = celui chronologique des documents Velázquez > Goya > Azorín, un même sujet traité à trois époques différentes par trois artistes différents, évolution du traitement.

1-         Le tableau de Velázquez, à la fois classique et original (mythologie ó humanisation et vision humoristique) ouvrira la séquence. Deux heures seront consacrées à son étude et à son commentaire.

2-         Le Goya nécessitera une heure de travail en classe, pour faire réagir les élèves à la fois sur le fond et sur la forme.

3-         Le texte de Azorín nécessitera également deux heures de travail en classe.

 Aide à la compréhension des documents :

 Velázquez  à les élèves auront eu un petit travail préparatoire à la maison avant le premier cours de la séquence : une petite recherche sur la mythologie (Vulcain, Mars, Vénus, Apollon) afin d’arriver en cours avec quelques connaissances qui permettront d’immédiatement comprendre la situation présentée.

Le tableau devra être projeté aux élèves pour pouvoir bien restituer l’émotion que suscitent ses grandes dimensions (223 X 290), impossible à retrouver sur une photocopie ou dans un manuel.

La recherche demandée aura permis de rapidement identifier les différents personnages de la scène, y compris les “absents” (Mars et Vénus). La première heure de cours sera consacrée à la description méthodique du tableau en employant le lexique de la forge et du travail manuel, ainsi que les constructions gérondives pour décrire l’attitude et les occupations des différents personnages. Le jeu des couleurs (rouge orangé de la tunique, du métal et du feu de la forge, formant ainsi comme une ligne séparant le tableau – métal argenté de l’armure comme pendant à l’auréole de lumière d’Apollon) et le jeu des regards tous concentrés vers le jeune éphèbe seront mis en valeur lors de cette phase descriptive. La forge sera identifiée non comme un lieu de travail antique mais bel et bien comme une forge telle qu’elles existaient au XVIIe siècle, renvoyant les élèves aux représentations de scènes bibliques antiques ou mythologiques avec des personnages et des costumes contemporains de l’auteur (El Espolio du Greco, avec ses centurions habillés comme des conquistadors). Enfin, le réalisme et le caractère très plastique des corps semi dénudés des forgerons seront commentés comme un trait caractéristique de la peinture classique.

Le tableau, s’il n’est pas reproduit dans le manuel des élèves, sera donné en photocopie avec un travail de mémorisation de cette première phase d’activité (lexique et points de langue au service de la description) qui sera complétée par une question -plus analytique- à préparer pour le cours suivant : « ¿De qué manera Velázquez representa los dioses de la Antigüedad ? ¿Te parecen muy divinos ? »

La seconde heure débutera donc par une vérification orale des principaux éléments qui étaient à mémoriser. Puis les élèves seront mis par groupe de 4 afin d’échanger et de comparer en espagnol leurs réponses à la question posée. Ce court moment d’échange durera une dizaine de minutes pendant lesquelles une synthèse du groupe devra être élaborée. Un rapporteur sera nommé, et le professeur procédera ensuite à la présentation par chaque groupe des éléments obtenus. Les réponses, à la première personne du pluriel (nosotros, nuestro grupo, nos, etc … ), permettront de mettre en évidence l’aspect très humains de ces dieux : aspect physique, expression des visages, comportements (travail manuel, délation, surprise, colère, etc…).

Le cours se terminera par une question portant sur la forge elle-même (élément central du tableau ou prétexte à l’anecdote ?) ceci afin d’arriver à la conclusion que le thème central de l’œuvre n’est pas la forge mais plutôt les passions humaines et leurs conséquences (vanité, séduction, désir, jalousie, etc…)

Une synthèse écrite de ces deux heures de cours sera exigée pour la séance suivante, elle pourra prendre la forme d’une question d’expression personnelle comme « Explica de manera muy argumentada por qué este cuadro de Velázquez te gustó o no. »

 Goya à après avoir ramassé les synthèses écrites le second tableau sera projeté aux élèves. Le contexte sera immédiatement identifié par la classe, l’ensemble du lexique connu (fragua, los herreros, el martillo, fuelle / soplete, etc…) : le travail de description pourra immédiatement commencer. Le rôle de chacun des trois personnages sera déterminé, la composition du tableau mise en évidence (lignes de composition qui enferment pratiquement les hommes au centre du tableau, ne faisant plus qu’un avec leur outil de travail.), l’ambiance générale commentée (clair/obscur, concentration des visages, musculatures en tension).

Le seconde partie de l’heure insistera plus sur le style de Goya : trait et couleur, moindre soucis du détail que Velázquez au profit du dynamisme et de la force suggérée, aspect moins « mise en scène » et plus « instantané pris sur le vif ». Une série d’oppositions sera ainsi mise en avant par les élèves, qui permettra de montrer l’évolution du thème d’une époque à l’autre, d’un auteur à l’autre : mise en scène esthétique et lumineuse contre scène prise sur le vif dans une ambiance beaucoup plus réaliste.

La conclusion amènera les élèves à se rendre compte qu’en un siècle, les préoccupations des peintre espagnols ont évolué, passant de la représentation des passions des hommes à celle de leurs problèmes quotidiens, (ici, travailler). La forge devient donc dans ce tableau de Goya le thème central : le travail manuel, l’effort et la création d’objets métalliques sans doute destinés à améliorer cette vie quotidienne. Une fiche contenant les principaux apports du cours et les quelques expressions employées sera donnée aux élèves.

Le travail pour le cours suivant consistera a chercher quelques renseignements sur Goya et son époque pour répondre à la question suivantes : ¿Qué puede simbolizar este cuadro, sin duda pintado entre 1812 y 1816 ? Justifica de manera precisa a partir de elementos sacados de la clase de hoy.

 Azorín à C’est par une vérification orale du travail qui était à faire que le cours s’ouvrira. Tout en restant très prudent (l’emploi des formulations de l’hypothèse sera plus que jamais exigé), le professeur fera émettre les suppositions de la classe sur une possible représentation de la résistance espagnole à l’occupant français : l’union nationale contre l’envahisseur serait ainsi mise en valeur par la position très rapprochée des trois personnages, l’objet de leur travail pouvant être la fabrication d’armes pour la guerre.

Dans un deuxième temps, il serait bon de disposer d’un enregistrement de qualité du texte de Azorín, par un lecteur hispanique par exemple. Ce texte que nous pouvons qualifier de poème en prose de par sa construction, ses sonorités et sa musicalité demande en effet une lecture non seulement expressive mais presque dramatique. A défaut, la lecture par l’enseignant me semble s’imposer, mais là aussi, la difficulté est immense.

La longueur du document et sa complexité ne permettront pas une compréhension auditive de l’ensemble. Les vingt premières lignes devraient suffire pour que les élèves identifient le thème, puis réagissent aux caractéristiques du style de Azorín. La conclusion partielle à laquelle il faudra faire parvenir la classe sera que l’auteur, avec des mots, fait le même travail de création que les peintres avec leurs couleurs.

Le texte sera ensuite distribué pour que le passage écouté soit lu et commenté : répétitions, harmonies imitatives, constructions anaphorique, musicalité rythmique. L’effet produit par les phrases nominales ou infinitives sera débattu. Le jeu des couleurs (negro / azul / verde / violeta / morado / rojo / carmín / oro / blanco) sera commenté (passage de l’obscurité de la forge à la couleur du métal en fusion, véritable arc en ciel de nuances qui va jusqu’au blanc du métal que l’on coupe.

La seconde partie du texte sera à préparer pour le cours suivant à partir de questions précises comme ¿por qué podemos hablar de personificación ? ¿Qué simboliza el nuevo día que empieza en el segundo párrafo ?

La deuxième heure de cours permettra de répondre collectivement aux questions posées, afin de mettre en valeur la portée de ce texte du XXe siècle : le caractère éternel et irrémédiable de la création d’objets métalliques, le travail transfiguré par la poésie du texte sans pour cela évacuer l’épuisement qu’il provoque même chez les outils. La fin du premier paragraphe pourra être commenté comme une allusion à la disparition du métier traditionnel de forgeron, disparition qui ne signifie pas la fin de la « création ».

 Lors de cette séquence, les élèves auront donc lu, écrit, écouté, parlé « de » et parlé « à », c'est-à-dire que les 5 compétences du cadre commun des langues du conseil de l’Europe auront été mises en pratique.

 EVALUATION FINALE

 Dans l'optique de la préparation à la question d'expression personnelle au Baccalauréat, on pourrait demander aux élèves de répondre par écrit aux questions suivantes lors d’un devoir d’une heure :

 Critères d’évaluation : emploi correct des points de langue, du lexique et des notions rencontrés et employés en cours, pertinence de l’argumentation – emploi régulier de la 1ère personne pour ce qui est de la 2e question, plus autonome et personnelle.

 

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