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"Exemples de Dossiers"
Dossier "Zurbarán" session 2005
PRESENTATION DES DOCUMENTS
Dossier = 3 textes, un extrait de théâtre (Lope) , un poème de Gongora, un poème de Miguel Hernández , un tableau de Zurbarán. trois documents « classiques » du Siècle d’Or (XVIIe siècle) et un document du XXe.
Zurbarán,Francisco de , 1598-1664. Il fit son apprentissage auprès d’un peintre obscur, auteur d’images pieuses. Se fait peu à peu connaître par ses tableaux, ses retables d’inspiration religieuse. Il travaille pour des couvents, fait de nombreuses Vies de Saints. Fortement imprégné par le ténébrisme du Caravaggio, il y ajoute le souci du détail vrai et l’intégration du merveilleux à la vie quotidienne. Il se dégage souvent de ses tableaux une impression de dévotion familière, de quotidien vécu, de foi profondément ancrée dans la réalité.
Lope de Vega , dramaturge et poète espagnol, 1562-1635, créateur du personnage du Gracioso, contrepoint du grave héros masculin- œuvre impressionnante : plus de mille pièces de théâtre, dit-on, environ 500 nous sont parvenues, nombre incalculable de sonnets et poèmes en tous genres, grand utilisateur de l’octosyllabe, il puisa régulièrement son inspiration dans les romances du XVIe s. Auteur fécond, s’il en est. Une partie non négligeable de son œuvre = inspiration sacrée. Les « Comedias de vida de santos », 3 pièces consacrées à San Isidro (la “niñez”, la “infancia” et “San Isidro Labrador de Madrid”) Nombreux amours, mariages, etc …
Luis de Góngora, Luis de Góngora y Argote est un poète baroque espagnol, né à Cordoue, (Andalousie, Espagne) le 11 juillet 1561 et mort dans cette même ville le 24 mai 1627, emblématique du style cultiste. On appela gongorisme son style, particulièrement foisonnant, comme celui de ses imitateurs.
A l'âge de quinze ans, son père, don Francisco de Argote, un grand humaniste, prenant grand soin de l'éducation de son fils, l'envoie étudier le droit à l'université de Salamanque. Sans négliger la jurisprudence, il commence à écrire et compose des letrillas, et se rend vite compte que sa véritable vocation est la littérature. Il se fait très vite connaître, et n'a que vingt-trois ans lorsque Miguel de Cervantes parle de lui avec éloge dans la Galatea parue en 1584, disant que ses vers «réjouissent et enchantent le monde entier» et le qualifiant de «génie sans pareil».
Miguel Hernández, Autodidacte communiste engagé pendant la guerre d'Espagne, condamné à mort par les fascistes avant d'être condamné à perpétuité et de mourir dans sa cellule à 31 ans, Miguel Hernández (1910-1942) a enrichi la littérature hispanique d'une poésie engagée, sensible et dépouillée dont les thèmes principaux sont l'amour, la mort, la guerre et l'injustice. Ami de Pablo Neruda qui l’appelait « el poeta pastor ».
Le tableau de Zurbarán
Zurbarán fait preuve dans ce tableau de son meilleur talent pour le réalisme d’une scène sacrée. Il a recourt au naturalisme ténébriste pour peindre une scène à la fois pleine de solennité et d’intimité. Les silhouettes sont dotées d’un volume presque palpable, grâce aux effets de lumières que le peintre leur applique : la naissance de Jésus eut lieu de nuit, si l’on s’en tient aux textes bibliques, ce qui crée une ambiance obscure et mystérieuse. Cette ambiance est illuminée avec force depuis un point unique, qui n’est rien d’autre que le petit corps du nouveau né, en référence à la lumière qui illumine le monde. La Vierge, très belle, découvre les langes de l’enfant avec douceur pour que les anges et les bergers puissent lui rendre hommage. Ils sont tous revêtus d’une digne tranquillité qui n’est pas contredite par leurs vêtements quelque peu grossiers et rustiques comme il correspond à leur condition très humble.
Zurbarán renonce aux typiques scènes « princières » du siècle antérieur pour nous présenter des personnages populaires qui ne démontrent leur condition élevée que par leurs attitudes. Les vêtements sont en drap épais et en laine, mais ce qui est particulièrement réussi dans le tableau est que tous aient des expressions de princes. Il convient de remarquer cependant la petite bergère qui offre le panier d’œufs, très réaliste, probablement un portrait authentique si on le compare avec l’idéalisation des autres personnages. Juste en dessous d’elle se trouve le classique petit papier imité avec la signature de Zurbarán. La composition est complétée par toute une série d’objets quotidiens qui rendent encore plus naturelle la scène, comme par exemple la mangeoire pleine de paille dans laquelle repose l’enfant, le panier d’œufs ou encore l’agneau offert à la Sainte Famille. Ce petit agneau est bien entendu symbolique (annonce du sacrifice, de la Passion du Christ), et ressemble à d’autres peints par Zurbarán comme celui qui se trouve au musée du Prado.
Il est à noter que le premier tiers supérieur est en fait la seule manifestation de l’aspect divin de la naissance : tout au contraire est fait pour montrer des personnages très réalistes, quotidiens pour l’époque, dans des attitudes très recueillies, certes, mais non mystiques.
L’extrait de Lope
Thème = dialogue entre plusieurs personnages à propos de l’enfant qui vient de naître chez Inés et Pedro. Deux labradores (Bato et Dominga) et deux personnages sans doute hidalgo. Don Alvaro de Vargas qualifié de “anciano” et Don Juan Ramírez, « caballero mozo », c’est à dire symbole de la sagesse pour l’un et de l’enthousiasme pour l’autre. Personnages codifiés dans le théâtre classique, les réplique de Bato laissant supposer qu’il est le gracioso de la pièce. « con ser ángel y ser moro” “puede comerse un gazpacho” + Elvira, épouse de Juan (v.72-73) NON SIGNALEE PAR LE JURY
Pièce religieuse, destinée à « éduquer les masses » sur le sens de la sainteté, sur le message des écritures, etc…
Les personnages s’extasient sur le beauté, le sourire, la curieuse précocité du bébé, qui semble promis à un avenir singulier. Nombreuses allusions à la future sainteté de l’enfant.
le poème de Góngora
Titre : éclaire tout le texte puisque les mots « nacimiento, señor, Cristo » ne sont pas mentionnés par la suite. Le lecteur sait donc de quoi parle le poème avant de le lire.
Versification : refrain de 3 vers, 2 quadrisyllabes (tetrasísalbo) un octosyllabe, tous agudos (oxyton-accentués sur la dernière syllabes), qui commence le poème et conclue toutes les strophes. Strophes de 10 vers octosyllabes, versification avec rimes assonantiques en « –ó » disposé régulièrement sur le modèle :
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Yacía la noche cuando |
- |
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las doce a mis ojos dio |
Ó |
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el reloj de las estrellas, |
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que es el más cierto reloj; |
Ó |
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yacía, digo, la noche, |
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y en el silencio mayor |
Ó |
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una voz dieron los cielos, |
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Amor divino, |
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era luz aunque era voz, |
Ó |
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divino Amor. |
Ó |
A noter que la rime aguda est traditionnellement considérée comme grave, destinée à traduire des faits d’importance.
Structure : refrain sous forme de questions qui attire l’attention de celui qui lit ou de celui qui écoute. Jeu sur OIR / VER, qui suggère un fait très important, à la fois auditif et visuel. Le narrateur, un berger (mis ovejas pastor), décrit strophe à strophe son réveil à cause de différents phénomènes visuels et sonores en pleine suit (las doce) qui lui fait abandonner son troupeau pour se rendre à l’étable où vient de naître le sauveur. Le constant rappel du refrain semble traduire un désir ardent d’être compris, de rencontrer d’autres témoins, de faire partager ce moment avec d’autres.
Le merveilleux du texte : série de phénomènes extraordinaires décrits avec des mots simples qui semblent sortir de la bouche de quelqu’un peu habitué aux manifestations divines : « era luz aunque era voz ». Les hésitations au moment de décrire ce qui s’est passé (« Ruiseñor no era de el Alba / dulce hijo el que se oyó; viste alas, mas no viste / bulto humano el ruiseñor.”) donnent au poème un côté très innocent, très pur : le narrateur, habitué à vivre dans la nature, n’a jamais rien vu de tel, il ne sait pas comment le décrire et cherche d’autres témoins (los estribillos) qui pourraient partager avec lui ce moment très fort. Autre moment merveilleux : la neige de l’hiver se transforme en fleurs sous les pieds du berger qui se rend à l’endroit d’où tout semble l’appeler : Dejélas, y en vez de nieve, / pisando una y otra flor / llegué donde al heno vi. En pleine nuit, la lumière très forte semble sortir de la paille où se trouve le nouveau né : al heno vi, / Amor divino, /peinarle rayos al Sol.
Une confusion des sens : du début à la fin, Góngora semble prendre plaisir à mélanger les sens du berger narrateur : sont associés sans cesse le visuel et l’auditif comme pour bien montrer que le trouble et l’émotion sont immenses. Le vers 61 “topo ayer y lince hoy” montre que l’expérience lui a ouvert les yeux. (Le sens du toucher n’est pas mentionné car on ne peut toucher Dieu.)
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¿Quién oyó? ¿Quién oyó? ¿Quién ha visto lo que yo?
Yacía la noche cuando las doce a mis ojos dio el reloj de las estrellas, que es el más cierto reloj; yacía, digo, la noche, y en el silencio mayor una voz dieron los cielos, Amor divino, era luz aunque era voz, divino Amor. ¿Quién oyó? ¿Quién oyó? ¿Quién ha visto lo que yo?
Ruiseñor no era de el Alba dulce hijo el que se oyó; viste alas, mas no viste bulto humano el ruiseñor. De varios, pues, instrumentos, el confuso acorde son, gloria dando a las alturas, Amor divino, paz a la tierra anunció, divino Amor. ¿Quién oyó? ¿Quién oyó? ¿Quién ha visto lo que yo?
Levantéme a la armonía, y cayendo al esplendor, o todo me negó a mí, o todo me negué yo. Tiranizó mis sentidos el soberano cantor, el que ni ave ni hombre, Amor divino, era mucho de los dos, divino Amor. ¿Quién oyó? ¿Quién oyó? ¿Quién ha visto lo que yo?
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Restituídas las cosas que el éxtasis me escondió, a blando céfiro hice de mis ovejas pastor. Dejélas, y en vez de nieve, pisando una y otra flor llegué donde al heno vi, Amor divino, peinarle rayos al Sol, divino Amor. ¿Quién oyó? ¿Quién oyó? ¿Quién ha visto lo que yo?
Humilde en llegando até al pesebre la razón, que me valió nueva luz, topo ayer y lince hoy. Oí balar al cordero, que bramó un tiempo león, y vi llorar niño ahora, Amor divino, al que ha sido siempre Dios, divino Amor. ¿Quién oyó? ¿Quién oyó? ¿Quién ha visto lo que yo?
Luis de Góngora (1561 - 1627) : Al nacimiento de Cristo Nuestro Señor (Romance, 1619)
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Une foi très fraîche, presque naïve. Le merveilleux le dispute à l’innocence.
- le poème de Miguel Hernández
Titre : énigmatique pour qui n’a pas lu le poème : la tradition des Reyes magos qui apportent les cadeaux aux enfants espagnols le 6 janvier ne devient évidente qu’à la lecture du premier vers.
Structure : 11 strophes de 4 vers heptasyllabes, rimes assonantiques croisées : strophe connue comme cuarteto asonantado, de tradition populaire.
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Por el cinco de enero, cada enero ponía mi calzado cabrero a la ventana fría.
Y encontraba los días que derriban las puertas, mis abarcas vacías, mis abarcas desiertas.
Nunca tuve zapatos, ni trajes, ni palabras: siempre tuve regatos, siempre penas y cabras.
Me vistió la pobreza, me lamió el cuerpo el río y del pie a la cabeza pasto fui del rocío.
Por el cinco de enero, para el seis, yo quería que fuera el mundo entero una juguetería.
Y al andar la alborada removiendo las huertas, mis abarcas sin nada, mis abarcas desiertas.
Ningún rey coronado tuvo pie, tuvo gana para ver el calzado de mi pobre ventana.
Toda gente de trono, toda gente de botas se rió con encono de mis abarcas rotas.
Rabié de llanto, hasta cubrir de sal mi piel, por un mundo de pasta y unos hombres de miel. |
Por el cinco de enero de la majada mía mi calzado cabrero a la escarcha salía.
Y hacia el seis, mis miradas hallaban en sus puertas mis abarcas heladas, mis abarcas desiertas. Miguel Hernández (1910-1942) :Las desiertas abarcas (Poemas no incluidos en un libro ; 1937-1939) |
Les regrets, l’amertume : Le poème prend la forme d’un monologue au passé, qui est sans doute celui de l’adulte qui se souvient de ses días de reyes où jamais il n’avait de cadeau. Champ lexical de la pauvreté, du dénuement, du froid, nombreuses négations : le souvenir est cruel, douloureux ;
La dénonciation et la révolte : l’adulte se souvient de ses rêves d’enfant, il décrit dans les strophes 7/8/9 sa rage, le mépris dont il croyait être victime de la part des Rois Mages qui l’oubliaient. Sur fond de frustrations plus profondes que l’absence de jouets dans les souliers, la fête des enfants se transforme en cauchemar et en prémisses de révoltes .
AXE Thématique.
Les quatre documents présentent une variation autour de la nativité divine dans la tradition chrétienne : je propose de garder autour du tableau de Zurbarán les poèmes de Góngora et de Miguel Hernández. En effet –puisqu’il faut choisir-, l’extrait de Lope me semble le moins convenir à la constitution d’une séquence de cours avec des élèves de terminale en raison de son caractère un peu naïf, qui serait assez difficile à faire apprécier à de –presque- jeunes adultes. L’enfance d’un saint ainsi présentée ne pourrait durablement les intéresser sans être associée à d’autres documents plus « politiques » sur le rôle du théâtre comme moyen de propagande au Siècle d’Or, par exemple.
Ainsi, la séquence de travail avec les élèves s’organiserait à partir de deux poèmes et du tableau autour de l’axe fédérateur suivant : sublimation et rejet de la religion dans l’histoire espagnole.
Ce thème prend la forme
Du caractère à la fois très réaliste et très idéalisé du tableau de Zurbarán.
Du poème bucolique et admiratif de Góngora.
Du dépit et de l’amertume chez Hernández, enfant non comblé par les rois mages le jour de l’Epiphanie.
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L’harmonie n’ayant pas toujours présidé à la concrétisation de ces liens, des désaccords, des malentendus ou des ambiguïtés ont pu conduire à des situations de conflit. C’est ce « rapport au monde », le plus souvent constructif mais parfois conflictuel, qui est au coeur du contenu culturel de la classe terminale. Identités, contacts des cultures, interdépendances et conflits seront propices à nourrir un enseignement de langue, de littérature et de civilisation, qui viendra compléter et parachever de façon cohérente les programmes des deux années précédentes. |
Boen hors série n° 5 du 09 septembre 2004. Nouveaux programmes des classes de Terminale des LEG, applicables à la rentrée 2005.
OBJECTIFS LINGUISTIQUES. Sachant que les objectifs fondamentaux d'un cours de langue vivante sont aider à comprendre l'écrit, comprendre l'oral, parler en continu, converser et écrire, les points suivants sont des objectifs plutôt indicatifs et complémentaires :
Objectifs lexicaux (lexique des documents et apporté par l’enseignant au cours des séances en rapport direct avec le ou les axes retenus !! )
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substantifs Belén, recien nacido, nene, paja, pesebre, cordero, pastor, regalo, tristeza/alegría, esperanza / desengaño |
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Adjectifs qui traduisent la beauté : hermoso / bello / – qui traduisent l’étonnement : abrumador, sorprendente – le dépit, la rage : despistado, desengañado, rabioso, etc… |
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verbes : qui traduisent le fait d’offrir –obsequiar, regalar, ofrecer, dar le fait de croire ou non : creer, dudar, cuestionar |
Objectifs syntaxiques (de quoi les élèves auront-ils besoin pour parler sur ces documents ?):
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Point 1 : l’emploi des verbes de désir, à la fois pour parler des sentiments de Góngora ou de Zurbarán face à la Nativité qu’ils décrivent, ou pour exprimer le rejet et le dépit de Miguel Hernández Ex. : quieren que compartamos ... el pastor desearía que otros viviéran lo que le pasó ... el poeta quisiera que todos los niños tuvieran juguetes el 6 de enero... |
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Point 2 : le comparatif, la négation pour parler de l’approche novatrice par Zurbarán d’un thème très classique ou encore pour opposer les deux approches de la fête de la naissance du Christ (Góngora / Hernández.) Ex. : No representa … sino que .... – más realista que .... – menos mimado que sus propias ovejas - |
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Point 3 : la numération ordinale et cardinale : pouvoir compter le nombre de syllabe d’un vers, lire le numéro du vers dans la marge, donner les dates de création des œuvres étudiées ou encore les dimensions du tableau. |
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Point 4 : l’emploi de la première personne du singulier et du pluriel, pour les prises de positions et les différents exercices de prise de parole, |
DEMARCHE POSSIBLE.
Ordre proposé:
Le tableau de Zurbarán ouvrira la séance de cours en raison de son caractère immédiatement identifiable par la majorité de nos élèves. Une heure y sera consacrée.
Le poème de Góngora, qui semble décrire le tableau par bien des côtés, trouvera logiquement sa place en deuxième position. Deux heures y seront consacrées.
Enfin, comme contrepoint aux deux premiers supports, le poème de Miguel Hernández viendra montrer une autre approche de la fête de Noël. Une heure de cours permettra d’en faire un commentaire, puis une seconde permettra de faire un bilan et une synthèse sur le thème de la religion dans la société moderne.
Aide à la compréhension des documents :
Zurbarán Les vignettes des manuels scolaires étant par nature réductrice, il est important que ce tableau soit projeté aux élèves pour restituer ses grandes dimensions et l’émotion qu’elles procurent. (Diapositive ou document numérisé projeté par vidéo projecteur). Avant de commencer à parler de l’œuvre proprement dite, il est toujours intéressant de faire lire l’année de réalisation ainsi que les dimensions, ceci afin de faire pratiquer un peu la numération.
Après avoir fait identifier la scène, le tableau sera décrit de façon à mettre en évidence sa composition : deux tiers « terrestres », un tiers « céleste », jeu d’ombres et de lumières qui entourent les personnages, renforçant le mystère , lumière provenant du bébé lui-même, personnages très réalistes, très dignes, absences d’auréoles ou de symboles chrétiens (globe, position des mains qui bénissent, etc …), jeu des regards qui associent les deux niveaux et qui invitent le spectateur à participer à la fête, etc … Concernant la partie supérieure du tableau, une rapide description permettra de nommer les différents composants : ángeles, harpa, cantar la gloria, alturas, cielo, nubes, etc …
A ce stade du cours, je me propose de projeter un second tableau représentant une autre nativité, par exemple de Fra Angélico, plus ancienne et plus « traditionnelle » dans le sens où les personnages sont plus idéalisés : habillement, positions, nombreux symboles religieux dont les auréoles ou la position des mains qui prient ou qui bénissent, etc …
Les élèves seront alors amenés à dire ce qui diffère entre ces deux représentations, et en quoi Zurbarán, en 1638, innove par rapport aux maîtres italiens du quattrocento : vêtement de toile et de drap, absence d’ostentation, simplicité et réalisme des postures et des détails, du bébé, etc … Ces oppositions se formuleront avec des comparatifs, l’expression mientras que, no … sino que …, etc ….
La conclusion sera que seule la partie supérieure du tableau permet d’identifier à coup sûr une nativité Chrétienne, tant les personnages sont dépourvus
Le travail pour le cours suivant consistera en une synthèse des éléments mis en valeur lors de cette heure de cours. Très concrètement, une fiche sera remise aux élèves en fin d’heure, avec quelques éléments non rédigés sur le tableau (auteur, dates, dimensions, quelques mots clés pour décrire et commenter –pesebre, recien nacido, claroscuro, etc ) afin de les amener à préparer une description / commentaire orale du tableau à partir de notes non rédigées. Cet exercice conduira à la pratique de la prise de parole en continu, ils ne devront absolument pas rédiger un commentaire mais s’entraîner à décrire et commenter le tableau à partir de cette fiche de petites dimensions (10X15).
Luis de Góngora Le poème sera mis en page de façon attrayante, avec quelques notes de lexiques dans la marge (en particulier Lince et topo), mais en fait bien des mots comme pesebre auront été découverts lors de la description du tableau
Le premier cours sur ce support s’ouvrira donc sur la vérification du travail de prise de parole. Les élèves seront disposés en groupe de 4, un élève par groupe (ne disposant d’aucun document) devra présenter, décrire et commenter le tableau, aidé en cela par la projection permanente du tableau de Zurbarán. Ce travail en parallèle de plusieurs élèves se fera sous le double contrôle de l’enseignant, qui passera d’un groupe à l’autre, et des trois autres membres du groupe qui pourront guider, voire aider l’élève interrogé. Cette méthode permet de faire passer 9 élèves à la fois dans une classe de 35, et donc de rendre plus dynamique et actif le contrôle de début d’heure. La notation de cet exercice sera à mi-chemin entre l’inter-évaluation (opinion des élèves sur celui qui parle à partir d’une grille d’évaluation très simple) et l’évaluation proprement dite (ce que l’enseignant aura entendu de chacun.) Les critères en seront : aisance, prononciation, rythme et débit, connaissance globale du tableau.
Dans un deuxième temps, le poème de Góngora sera distribué pour être lu silencieusement par la classe, avec la consigne suivante : « ¿Qué relaciones existen entre el cuadro de Zurbarán y este texto ? ». C’est toujours par groupe de quatre que la première approche du poème se fera : chaque groupe devra débattre en espagnol pour répondre rapidement à la question posée. Cet exercice sera encadré de trois façons : le temps imparti (5 mn d’échange après la fin de la lecture silencieuse), la nomination d’un rapporteur par groupe (chargé de proposer la synthèse de la compréhension du groupe), la circulation rapide de l’enseignant d’un groupe à l’autre pour répondre aux éventuelles questions de lexique.
Le premier bilan collectif se fera à partir de l’intervention des neuf rapporteurs, les principaux éléments de réponses étant notés au tableau. Il sera aisé de la sorte de mettre en parallèle de nombreux éléments communs aux deux œuvres : pastores – oveja – ángeles – música – cantar a gloria – pesebre – paja – etc … Les élèves auront donc ainsi rapidement saisi l’essentiel des points communs entre Zurbarán et Góngora. Les dernières questions permettront de mettre en évidence d’autres parallèles : le fait que dans les deux cas, la partie supérieure de l’œuvre (titre du poème, représentation céleste des anges dans le tableau) permet de comprendre de façon indiscutable qu’il s’agit d’une naissance divine ; la joie, l’allégresse mais aussi le recueillement commun aux personnages du tableau et au narrateur du poème.
Pour le cours suivant, les élèves auront un petit travail écrit à rendre sur le poème : « ¿Cómo vemos la sorpresa, la turbación y luego la alegría del narrador en este poema ? ». Ce travail écrit sera ramassé et noté.Les critères -clairement annoncés - en seront : correction globale de la langue, réemploi du lexique spécifique, construction de la réponse, emploi régulier de la première personne.
La seconde heure, après avoir ramassé les préparations écrites, l’accent sera mis sur la forme du poème, au service du fond.
Pour rafraîchir la mémoire des élèves de terminale sur la versification espagnole, la projection d’un diaporama animé fera gagner du temps pour montrer la place et le fonctionnement de l’assonance, mais il est également possible de montrer le phénomène au tableau après avoir essayé de le faire découvrir aux élèves par eux-mêmes pendant quelques instants. Les enclises Dejélas – Levantéme –etc confirmeront indiqueront aux élèves le caractère classique du poème.
Une fois toutes ces clés données aux élèves, l’étude de la forme du texte proprement dite pourra s’effectuer autours des axes suivants :
Tipo de verso, ¿regularidad o no?
efecto producido por la rima aguda –ó (asociar palabras como yo/oyó/Amor/
las técnicas para llamar la atención del lector, de los oyentes : (título – los tiempos – apóstrofes – estribillo) ¿poesía o teatro?
La mise en évidence de la versification impliquera de la part des élèves l’emploi de la numération ordinale et cardinale. La conclusion de ce travail amènera la classe à constater une parfaite construction métrique au service de la transmission d’un message de joie et d’espoir : la rime aguda répétée tout le long du poème rappelle le mot DIOS, le refrain (estribillo) traduit à la fois le souhait de rencontrer d’autres témoins et de faire partager cette rencontre si merveilleuse, la construction si régulière évoque la perfection de la création et de la divinité, etc …
Le travail pour le cours suivant sera la préparation d’une réponse non rédigée à la question : ¿sería posible hoy en 2006 escribir el mismo poema ? justifica de manera precisa.
Miguel Hernández Le cours s’ouvrira sur un travail de conversation par groupe de quatre à partir de la question proposée. Pendant 5 minutes, les élèves compareront leurs réponses, un rapporteur aura été désigné par l’enseignant pour rendre compte des points communs et des divergences (en nuestro grupo dijimos que … Fulano dijo que … mientras que Éste afirmó que …). Les différents rapporteurs (rôle à faire tourner, bien entendu) proposerons ensuite à la classe l’essentiel des échanges. Les critères d'évaluation seront : aisance, prononciation, rythme et débit, qualité de l'argumentation, cohérence de la réponse.
Ce poème, à la fois très beau et très simple, fera l’objet d’une compréhension auditive, soit par lecture de l’enseignant (livres fermés) ou encore mieux par écoute d’un enregistrement. Mais il va de soi que la compréhension et la mise en relation avec les précédents documents seront amplement facilité par le rappel de l’importance de l’Epiphanie pour les enfants espagnols : les dates du 5 et du 6 janvier n’inspirent rien d’immédiat à nos élèves. Le mot abarcas devra également être donné avant la lecture ou l’écoute du CD.
Dans un premier temps, les élèves devront dire ce qu’ils ont compris. Le bilan de compréhension permettra de bien cadrer l’anecdote (les souvenirs d’un adulte qui se souvient de l’enfant pauvre qu’il était et des frustrations du matin de Reyes).
L’enseignant posera alors la question de savoir pourquoi l’Espagne « ne croit pas au père Noël », mais a toujours privilégié les Rois Mages pour les cadeaux de Noël. Après quelques hypothèses sans doute infructueuses, le rappel des précédents documents étudiés leur fera comprendre l’aspect intrinsèquement religieux des trois Rois qui viennent de très loin honorer l’enfant Dieu. Ce constat sera mis alors en relation avec l’historique tradition catholique de l’Espagne, et le « paganisme » du père Noël sera alors mieux perçu par les élèves.
Ce moment du cours, loin d'être une parenthèse, permettra de revenir au poème pour mieux le commenter. La distribution de la photocopie ou l'ouverture des manuels mettra la classe devant la typographie du document, et un très rapide travail de recherche, s'inspirant de ce qui avait été fait avec Góngora, mettra immédiatement en valeur la forme poétique : le vers heptasyllabe, la rime assonantique croisée. Cette structure beaucoup plus simple que pour le poème précédent montrera aux élèves la volonté de l'auteur d'une poésie populaire, plus facile d'accès.
Le commentaire proprement dit se basera sur deux questions :
¿qué sentimientos animan al autor al escribir este poema?
¿Es un poema social?
Le travail pour l’heure suivante, outre la mémorisation des éléments principaux de ce commentaire, consistera à prendre connaissance d'une très rapide biographie de Miguel Hernández (origines modestes, autodidacte, choix politiques et engagement, guerre civile, condamnation et mort dans une prison franquiste) et de la mettre en relation avec le poème : ¿En qué medida este poema refleja un poco la vida y el compromiso de Miguel Hernández? Justica con elementos de la biografía.
Le seconde heure sera donc un travail par groupe pendant lequel les élèves confronteront leur préparation par groupe de quatre, en employant le lexique du poème et de la biographie. Comme précédemment, on nommera un rapporteur qui présentera les résultats de la confrontation. L’essentiel des éléments pertinents sera noté au tableau pour une prise de notes sur les cahiers et une mémorisation pour l’évaluation finale.
Les élèves seront amenés à conclure sur l'éventuelle valeur anti-cléricale du poème : ces rois mages qui ne viennent pas honorer un enfant très pauvre ne sont-ils pas responsables de cet état de fait? Cette douleur ne se double-t-elle pas déjà d'un refus de la religion dans l'esprit de l'enfant? Les vers :
Ningún rey coronado
tuvo pie, tuvo gana
para ver el calzado
de mi pobre ventana.
Toda gente de trono,
toda gente de botas
se rió con encono
de mis abarcas rotas.
Seront donc mis en exergue pour les faire commenter plus en profondeur par la classe et les faire arriver à la conclusion que le merveilleux décrit par Góngora et Zurbarán s'oppose à la réalité vécue par bien des paysans de toutes les époques. La soumission prêchée dans les églises, le poids très lourd de la religion dans la société espagnole expliquent sans doute les débordements anticléricaux du XXe siècle, l'Eglise étant toujours assimilée au pouvoir et à la domination.
Lors de cette séquence, les élèves auront donc lu, écrit, écouté, parlé « de » et parlé « à », c'est-à-dire que les 5 compétences du cadre commun des langues du conseil de l’Europe auront été mises en pratique.
EVALUATION FINALE
Dans l'optique de la préparation à la question d'expression personnelle au Baccalauréat, on pourrait demander aux élèves de répondre par écrit aux questions suivantes :
¿Qué representa la Navidad en el siglo XXI ? ¿Sigue siendo una fiesta religiosa?
¿por qué podemos decir que los tres documentos estudiados reflejan la relación compleja de los españoles con la religión?
¿ Cuál de los tres documentos preferiste ? justifica tu opinión de manera argumentada, analizando cada uno.
Critères d'évaluation : L’ensemble des points de langue, du lexique et des notions rencontrés et employés en cours seraient ainsi réutilisés, de façon beaucoup plus autonome et personnelle pour ce qui est de la 3e question qui impliquera l’emploi régulier de la 1ère personne.
Un autre exercice complémentaire pourrait consister à proposer de reconnaître la versification d’un autre poème, pour évaluer les acquis de cette séquence. Obligation serait faite d’employer le lexique étudié et la numération ordinale et cardinale.